25.11.2007

Torchwood 1x06 "Countrycide"

ce25c35442793b8dfbeb195d5100badb.jpg

   Une jeune femme disparaît sur une route campagnarde de la région de Cardiff. Torchwood se rend donc sur place pour enquêter sur ce qui semble être un événement régulier. Afin d’élucider le mystère, il décident de camper sur place. Mais les choses prennent une tournure inquiétante et les entraînent dans un village désert où ils sont attaqué par une force mystérieuse, implacable, et particulièrement meurtrière.

5dbfaae3a7149747176355c2cfd60801.jpg

   Après un 5ème épisode oscillant entre onirisme et cauchemars, Torchwood nous livre Countrycide, décidément plus horrifique et angoissant. La première partie, qui se déroule de jour, joue avec nos nerf en se présentant comme une jeu de cache-cache contre un mal non identifié. La révélation qui amène une seconde partie, nocturne celle-là, fait basculer l’épisode dans l’horreur avec une lutte pour survivre face à un ennemi inattendu mais particulièrement tordu et terrifiant. La peur est d’autant plus forte et crédible que nos héros sont seuls, sans leurs équipement, en terre inconnue et se battent contre cet ennemi invisible qui semble avoir décimé un village entier.

2307b98889fd21ffc7fb18aee86a1b34.jpg

   Si les cinq personnages sont rapidement séparés les uns des autres, le début offre une sortie de groupe et l’occasion d’explorer les relations entre chacun, bousculées dans l’épisode 4 (Cyberwoman). Ainsi Gwen et Owen font face aux conséquences de leur baiser impulsif, et Ianto se retrouve dans une position inconfortable vis-à-vis du reste du groupe après son erreur qui a failli marquer la fin de tous. Mais ce petit moment entre amis est rapidement interrompu et le seul à garder son calme face à cette menace masquée, c’est bien sûr l’énigmatique Jack Harkness.

   En plus de l’installation réussie d’une angoisse omniprésente, l’épisode a le mérite de bénéficier d’extérieurs tournés en décors naturels : du coup, les paysages du Pays de Galles lui confèrent une ambiance très particulière, très différente de ce à quoi les séries américaines du même genre nous habituent. Une sorte de touche d’exotisme que les intoxiqués de shows américains verront d’un œil intéressé.

  Finalement, et malgré quelques maniérismes dont la série gagnerait à se débarrasser, Countrycide est un épisode marquant, choquant à certains niveaux et qui va ébranler certains personnages et changer la donne comme l’a fait Cyberwoman avant lui.

32775fc3a3264fcdf66eaa62bb29d352.jpg

  Conclusion : excellent épisode qui poursuit et confirme la tendance de la série qui s’améliore et se forge sa propre identité. Particulièrement sombre et mature, Countrycide permet de passer un très bon moment malgré un défaut : l’ensemble est trop court. Voilà une série britannique qui n'a rien à envier à ses consoeurs américaines.

18.11.2007

Torchwood 1x05 "Small Worlds"

ba1aaf79f5a30610e64d5fc2aa2c3257.jpg

    Pour son cinquième épisode, intitulé Small Worlds (Petits Mondes), Torchwood s’intéresse au mythe populaire des fées. Oscillant entre une atmosphère conte de fée, et une ambiance cauchemardesque, cet épisode entraîne le capitaine Jack Harkness, Gwen, et le reste de l’équipe  dans une enquête sur l’apparition de ces créatures pas si fabuleuses. La rencontre avec Estelle Cole, proche du capitaine, est l’occasion d’en découvrir un peu plus sur ce personnage au passé mystérieux.

5a5d8b3c745d47b449af4cfaa3b0fb7f.jpg

   Porté par une superbe bande-son et une image aux tons chatoyants, Small Worlds construit un univers féerique et enfantin très crédible et réussi. Cet aspect est d’autant plus marquant qu’il est contrebalancé avec brio par le coté plus sombre qui s’emploie à le pervertir. Les faux-semblants et la perversion de l’innocence sont au centre de l’épisode : l’image angélique des fées est mise à mal et n’est en fait qu’une apparence pour de viles créatures meurtrières qui ont pour but de s’emparer d’une fillette, considérée comme « élue ». Chemin faisant, ces fées font quelques victimes dont, et ce n’est pas anodin, un pédophile. Tout et tous sont souillés : l’homme pervers, la figure paternelle, l’enfant, la croyance naïve d’Estelle et même l’appartement de Gwen. Bref, toutes les figures et les lieux considérés comme sûrs sont bousculés : la cellule familiale de la fillette est dépourvue d’amour, l’appartement de Gwen, son refuge dans une vie « normale » est envahit par son travail surnaturel, la météo est utilisée de manière meurtrière et même la signature des meurtres commis par les fées relève de la perversion et ce par un élément a connotation positive : les pétales de roses. C’est la grande réussite de cet épisode : la perte des repères, et de toutes certitudes. En faisant pénétrer le mal dans le domaine de l’innocence absolue dans faux conte de fée, Small Worlds distille une impression de désarroi et de malaise.

2494d65befe439fd7ac6ac5c4209c454.jpg

   Autre élément clé de l’épisode : Jack Harkness, dont le passé nous est en partie dévoilé, confirmant la théorie de Gwen selon laquelle il était soldat pendant la Première Guerre Mondiale. Déjà confronté à une attaque des fées, il n’est pas précisé cependant s’il savait à l’époque de quoi il en retournait. Small Worlds nous montre un aspect plus doux du capitaine Harkness, personnage autoritaire et parfois dur, en le confrontant à l’amour de sa vie (amour impossible) et au dilemme concernant le destin de l’enfant choisie par les fées. Après le Jack Harkness presque insensible de l’épisode précédent, ce changement est particulièrement bienvenu.

7ed2453f3b2ed6571e2721b90b5fd7e1.jpg

   Conclusion : après trois premiers épisodes plutôt lents, la série commence à s’affirmer et l’intérêt grandit. Habilement ficelé, Small World reprends un mythe populaire à sa manière en le détournant, créant ainsi la surprise et une inquiétude permanente. Si les effets spéciaux ne sont pas réussis, il s’agit bien d’un moindre mal face à la réalisation menée d’une main sûre de bout en bout. Voilà une série qui semble se bonifier avec le temps. Vivement la suite.